Redonner un génie aux lieux dans Le Grand Paris d’Aurélien Bellanger

Pauline Hachette

Résumé


Le Grand Paris (2017) d’Aurélien Bellanger raconte une histoire politique contemporaine associée à un grand projet urbanistique qui peut sembler, d’un point de vue narratif, secondaire. Pourtant la vision du territoire qui se dessine dans le roman en constitue un intérêt majeur. Se donnant pour objet de redéfinir une capitale qui n’a plus de sens dans ses anciens murs, son narrateur urbaniste porte un regard aigu sur la vaste banlieue qui lui sert de coquille. Ce regard, largement documenté et fermement conceptualisé, oscille entre spéculations théoriques et immersion phénoménologique afin de saisir cet espace sans identité distinctive, ou plus exactement sans génie. Le Grand Paris à construire met en effet l’urbaniste au défi de donner une syntaxe à ce qui semble en être dépourvu, tout comme il exige de l’écrivain de mettre en phrase des lieux constitués de bribes isolées et sans sédimentations historiques. Au-delà des catégories esthétiques qui condamnent d’ordinaire ces lieux appréhendés comme des zones blanches et fréquemment définis par la négative, l’écriture du romancier tente ainsi de trouver le génie invisible de ces lieux. Notre article se penche sur le travail d’attention et d’accommodation visuelle par lequel le romancier fait ainsi naître une nouvelle façon de phraser ces territoires.


Mots-clés


Bellanger; périurbain; ville; génie; immanence

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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